Bob et Bobette, vous connaissez?
Et Tante Sidonie ?
Si vous n'étiez pas fan des BD qui ont coloré mes années d'enfance, vous pouvez aussi teindre Olivia, la copine de Popeye, en blond.
Tante Sidonie, (ou Olivia) , c'est ma belle s½ur. Elle ne s'appelle pas comma ça, non, évidemment. Si je vous dis comment elle s'appelle, avec tous les trucs que je vais vous raconter à son sujet, c'est sûr, je vais avoir des ennuis. ...
Une fille longue un kilomètre avec des bras et des jambes qui n'en finissent pas, des grands yeux bleus qui débordent de gentillesse, et de larmes de gentillesse aussi.
C'est fou ça.
Par exemple, vous êtes triste, et elle veut vous consoler, ben, elle pleure.
Elle pleure plus fort que vous. Jusqu'a ce que finalement, c'est vous qui la consolez. Et vous oubliez que vous étiez triste. Ca marche bien comme technique de consolation.
Bon donc, tante Sidonie est vraiment très gentille. Pas seulement avec vous ou moi.
Avec les chiens aussi.
L'autre jour, elle en a rencontré un qui se baladait bien tranquillement dans le parc, où elle a promené trois générations de gamins qu'elle a babisitté. ( elle est aussi une espèce de Mary Poppins , nounou magique )
Donc le chien. Peinard, pas trop beau, taille moyenne, race indéfinissable, poils pas très brillants et très emmêlés, qui trottine, tout seul dans le parc.
Tante Sidonie, voit le chien. S'arrête, s'émeut. –« Un chien tout seul, sans collier, sale... c'est un chien perdu ! pire ! un chien abandonné ! oh le pauvre ! » Elle attrape l'animal qui lèche ses larmes ( je vous le disais, terrible la technique....) et c'est comme ça qu'ils font connaissance.
Tout en maugréant sur ces personnes monstrueuses qui abandonnent leur fidèles compagnons, elle embarque le chien qui se retrouve peu après installé devant un festin de brioches, gâteaux, bonbons, chocolats chips et legos au milieu d'une troupe de mômes Qui - tiens quel hasard!- rêvaient justement d'avoir un chien comme lui...
Vous avez remarqué , hein qu'elle n'a pas emmené le chien chez elle, non ( le beau frère, n'est pas tellement rigolo...), Non, elle l'emmène pas loin du parc, dans une des familles qu'elle a babisitté par le passé, où les trois enfants sont ravis de faire le bonheur de cette pauvre bête qui a déjà vécu tant de malheurs et d'atrocités, qui a besoin de tant d'amour , ....hein maman qu'on va le garder ?
Milou , ( vous avez des remarques à faire sur mes références littéraires ? ) qui n'en demandait pas tant, s'empiffre sans poser trop de questions. Il subira l'épreuve du bain hebdomadaire, et les jours passant grossira et deviendra l'heureux ( ?) possesseur d'un collier rose et d'une laisse assortie.
C'est dans cette tenue, et le poil bien brillant que deux mois plus tard, il promène, au bout de sa laisse rose, la tante Sidonie, et les trois gamins de sa nouvelle famille.
Dans le parc.
Le parc où tante Sidonie l'avait recueilli.
Le parc d'où fuse soudain un grand cri : Médor !! Médor ! mais c'est Médor. !! Un type se précipite sur Milou, enfin Médor, (sur le chien quoi), le débarrasse de son collier et de la laisse, le chien a l'air content, et Sidonie et les trois enfants assistent consternés à ce qui de toute évidence ressemble bien à des retrouvailles. Le chien jappe, le type rit, Sidonie et les mômes discutent, protestent pleurent. Avant de se résigner à l'évidence et d'écouter l'histoire très banale de Médor, qui habite à deux blocs de maisons du parc, où depuis dix ans, il a l'habitude de se rendre à pieds (enfin à pattes) trois fois par jour , tout seul, sans laisse ni collier, pour ses petites promenades personnelles ....